Noli me tangere
2012




Vue de l'exposition à la Crypte du Martyrium de saint Denys durant la Nuit Blanche, Paris, 2012
Par la peinture (se) faire un corps, béant et pourtant relié. Par la musique lui donner, depuis la périphérie comme depuis le centre, un écho, une résonance.
La caresse, à la fois principe de réalisation de la peinture, matériau sonore et thématique vocale, tente de tenir ensemble ce qui est à portée et ce qui se dérobe, à même le geste, le contact.
Les corps, aux bords, toujours à la limite, relient le séparé et ligaturent, laissant de l'ouvert.
Au loin, l’installation est perçue comme une simple sculpture. Avec plus d'attention, on perçoit une croix rouge immatérielle, qui paraît à la fois comme un lien et comme une blessure. Une fois le pas posé sur les capteurs extérieurs à la sculpture, des souffles, des chuchotements, éléments et processus qui s'ajoutent à une trame qui appelle le visiteur.
En s'approchant de la sculpture, sur la deuxième couronne de capteurs, des voix se font entendre disant des bribes poétiques (en français, anglais, allemand et néerlandais en fonction de la direction empruntée) alors que les empreintes blanches s’individualisent peu à peu.
La chair à vif ainsi exposée, la présence insistante de l’intimité du désir se convertit en paroles, la peinture devient logos. Si plusieurs personnes déambulent, à la polytopie des trajets répond la polyphonie des ondes sonores, entretissant ainsi les voix jusqu’à une sorte de mêlée du désir et de babélisation des langues.
Sculptures, texte et conception : Ludovic Duhem
Musique et programmation : Bruno Abt
Comédiens : Daniel Michiels (Français)
Pénélope Galey (Anglais)
Miet Braem (Néerlandais)
Klaus Mende (Allemand)
[EN]
Through painting, to create a body, gaping yet connected. Through music, to give it, from the periphery as from the center, an echo, a resonance.
The caress, at once the principle of the painting's creation, sonic material, and vocal theme, attempts to hold together what is within reach and what eludes it, through the gesture itself, through contact.
The bodies, at the edges, always on the limit, connect the separate and bind, leaving open spaces.
From a distance, the installation is perceived as a simple sculpture. With closer attention, one perceives an immaterial red cross, which appears simultaneously as a link and a wound. Once one steps onto the sensors outside the sculpture, breaths, whispers, elements, and processes are added to a framework that calls to the visitor.
As you approach the sculpture, on the second ring of sensors, voices can be heard uttering poetic fragments (in French, English, German, and Dutch, depending on the direction taken) while the white imprints gradually become distinct.
With the raw flesh thus exposed, the insistent presence of the intimacy of desire is transformed into words; the painting becomes logos. If several people wander through it, the polytopia of their paths is echoed by the polyphony of sound waves, interweaving voices into a kind of melee of desire and a Babel of languages.
Sculptures, text, and design: Ludovic Duhem
Music and programming: Bruno Abt
Performers: Daniel Michiels (French)
Pénélope Galey (English)
Miet Braem (Dutch)
Klaus Mende (German)
Film documentaire de Seb Duhem (vidéo numérique)
durée : 10min 32
À écouter : Bruno ABT, Noli me tangere, extrait (3'27)